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La résurrection du Chatus

 

...ou l'histoire d'une reconquête

 

 

« Avant, lorsqu’on voulait faire du bon vin, on mettait du Chatus dans la cuve ». Et pourtant, figurant parmi les plus anciens cépages de France, le Chatus faillit bien être rayé de la carte. Histoire d’une reconquête.

Au XIXème siècle, le phylloxéra détruisit la quasi-totalité du vignoble alors ancré sur la bordure cévenole du Bas-Vivarais. En 1989, aiguillonnés sans doute par le souvenir de ce cépage légendaire, une poignée de vignerons attachés à leur territoire décident de sauvegarder coûte que coûte ce patrimoine viticole emblématique du Piémont cévenol, alors réduit à deux hectares de vignes séculaires, et entreprennent de relancer autour du village de Vernon la production de ce vin de garde épicé et charpenté.
Dans ce pays caillouteux, le Chatus se cultive traditionnellement sur des terrasses en pierres sèches qu’il faut alors restaurer à la force du poignet. Témoin d’un savoir-faire ancestral, ce paysage de faïces sculpté par l’homme gagne sa récompense en 1992, estampillé désormais d’un label « Paysage de reconquête ». Avec la relance du Chatus, c’est tout un patrimoine rural qui revit. A la cave coopérative de Rosières, le Chatus est placé en fût de chêne sous la bienveillance d’un caviste qui assemble les arômes afin de produire, après deux ans de vinification, une cuvée rare baptisée « Monnaie d’or ».
Aujourd’hui, le Chatus a récupéré ses lettres de noblesse. Il est devenu avant tout l’emblème d’un territoire vivant où l’on aime dire que « les vignes écartent les pierres mais rapprochent les hommes ».


Note : L’article est basé sur les témoignages des passionnés qui relancèrent le Chatus : Maxime Serret, président du Syndicat de défense des producteurs de Chatus en Cévennes d’Ardèche, Monsieur Videl, vigneron propriétaire de la parcelle laboratoire suivie par la chambre d’Agriculture, Frédéric Allamel, directeur de la Cave coopérative de Rosières, Bruno Lebrun, caviste responsable de la vinification du Chatus.


 

 

© Outback Images : Texte Séverine Baur - Photos Séverine Baur